MES REFLEXIONS: Penser et se Penser

Le chômage des jeunes au Burkina Faso: Propositions de solutions à court et moyen terme

Le chômage des jeunes au Burkina Faso :propositions de solutions à court et moyen terme.

 

I

l n’est de pays de ce monde qui ait parvenu à éradiquer le problème d’emplois. D’ailleurs une certaine théorie économique le justifie en stipulant que la bonne santé du marché de travail et de l’économie requière que l’on maintienne le taux de chômage à un niveau jugé non inflationniste appelé NAIRU(Non accelerating inflation rate of unemployment). Ainsi, en 2001, on considérait que ce taux, pour la France, oscillait autour de 8 %. Il faut donc un arbitrage rationnel entre le besoin de réduire le taux de chômage et la nécessité de maîtriser la hausse de l’inflation. Aussi vrai que cela soit, il est encore plus vrai que le chômage est une gangrène qui vérole et grippe les économies. Au Burkina le taux de chômage est estimé à 15,4% selon la définition du BIT. Cette situation préoccupante risque d’aller crescendo et atteindre une proportion néfaste aux équilibres macro-économiques d’autant plus que les interdépendances entre les marchés ne sont plus à démontrer. Or, le développement requière la participation de tous les citoyens. Aucun développement soutenable ne pourrait s’amorcer au Burkina sans l’implication de la frange jeune qui représente non seulement le fer de lance mais aussi la plus grande partie de la population dont 66,2% a moins de 25 ans. Malheureusement elle est la plus frappée par l’absence et la précarité des emplois. Comment donc peut-on créer à court et à moyens terme des emplois ? il existence trois sources d’emplois à savoir l’Etat, le privé et l’auto emplois. Les deux dernières sources sont les alternatives durables à même de maîtriser le problème de chômage. L’Etat doit travailler à ne plus rester le principal pourvoyeur. L’obligation de respecter le critère de convergence de l’UEMOA, masse salariale/recettes fiscales à 38,9 % contraindrait l’Etat à réduire le numérateur. En perspective, la fonction publique ne pourrait plus regorger de nouveaux entrants d’ici à 2018. Il revient à l’Etat de mettre en place une politique véritable pour assurer le plein emplois où le chômage se réduirait au chômage frictionnel. Le secteur privé en tant que tremplin doit être réellement appuyé. Des efforts sont faits à ce niveau par le gouvernement burkinabé, nous nous en réjouissons. Mais au delà de ces cadres de concertations entre Etat-Secteur privé, il faut évoluer vers des soutiens à la fois financier, technique et institutionnel. Ces appuis doivent aller en priorité au secteur informel. Cela passe au préalable par l’organisation, l’encadrement et la formation des acteurs qui y travaillent.

Concernant l’auto emplois, il est important de mettre en œuvre des projets d’identification, de création, de promotion et de renforcement des micro entreprises. Le secteur de la micro finance pourrait être mis à contribution pour faciliter l’accès au crédit à des taux d’intérêt rationnels ou supportables. Là aussi des efforts sont déployés par l’Etat mais il y a des insuffisances qu’il faille pallier. L’obligation de disposer d’une garantie limite considérablement l’octroi des financements aux jeunes. Ce goulot peut en partie être levé en regroupant les demandeurs de crédit, porteurs d’initiatives économiques en caution solidaire ou en mettant en place un mécanisme de parrainage. Les fonds des guichets communs ne sauraient être accessibles que si les conditionnalités sont assouplies. Auparavant, il est capital de renforcer les capacités des jeunes en multipliant des formations gratuites en entreprenariat dans toutes les provinces du Burkina.

Aussi, nous estimons que dans un pays où les agents de l’Etat (fonctionnaires)sont en majorité ceux détenant des revenus permanents et disposant de ce fait d’une relative facilité d’accès au système bancaire classique, il n’est pas économiquement juste de leur interdire d’entreprendre. Il faudrait amender la disposition de l’art 16 de la loi n°013/98/AN du 28 avril 2008 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique afin qu’elle puisse garantir l’assiduité du fonctionnaire au service publique tout en lui permettant d’investir au bénéfice des membres de la famille.

 

                                                                                                          Auteur

                                              KABORE Boubacar Economiste- Administrateur

                                                   des hôpitaux et des services de santé



Article ajouté le 2008-05-06 , consulté 34 fois

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